Mes chers amis, l'heure est grave. Profitant honteusement que le peuple soit occupé à se gaver de foi grasse à la messe de minuit et à s'empiffrer de pâté de canard du lac Bromure pour les fêtes du nouvel an, les dirigeants de Facebook s'apprêteraient à rendre payant l'accès à leur célèbre réseau asocial à compter du 1er janvier 2009.
On comprend sans peine l'émoi que cette nouvelle a provoqué parmi les utilisateurs du site. De quelle manière allons-nous affirmer la suprématie de notre vie sociale si nous ne pouvons plus jouer à qui a la plus longue liste d'amis ? Comment allons-nous occuper nos interminables journées au bureau si nous n'avons plus le loisir de nous offrir des cadeaux kitsch, de nous lancer des moutons ou de savoir si certains de nos amis nous kiffent grave ? Par quel moyen pourrons-nous suivre minute par minute la gastro-entérite d'une connaissance si celle-ci ne peut plus mettre à jour son message de statut ?
Une solution serait certes de payer la somme mensuelle de 3,99 $ que Facebook est soupçonnée de vouloir faire payer bientôt pour ses services, mais ce montant s'avère totalement rédhibitoire pour l'utilisateur moyen qui a souvent à peine de quoi se payer un ordinateur multimédia, un abonnement Internet haut débit, un téléphone mobile, un iPod et des pantoufles USB. Cela irait en outre à l'encontre de la philosophie d'Internet qui veut que tout soit gratuit du moment que l'on accepte de se faire bombarder de publicité.
Toujours prêts à s'investir dans les causes qui valent vraiment la peine telles que la lutte contre les tarifs excessifs des abonnements proposés avec l'iPhone ou le retour de Burger King en France, de nombreux internautes se sont heureusement émus de cette nouvelle et ont commencé à dénoncer le scandale en bombardant leurs amis de courriels, voire en s'inscrivant à des groupes Facebook contestant cette décision (ce qui est un brin paradoxal puisque ces derniers deviendront inaccessibles si la rumeur se confirme).
Ces multiples efforts (si on considère le fait de cliquer sur un lien "Joindre ce groupe" comme un effort) risquent cependant de se révéler assez vains dans la mesure où il n'y a absolument aucune preuve concrète que Facebook soit sur le point de devenir payant. La plupart des messages qui circulent ne font en effet référence qu'à ce qu'auraient dit "les médias" sans préciser lesquels, ou pointent vers des articles qui parlent effectivement des difficultés financières du site mais ne mentionnent nulle part que celui-ci compte renoncer à la gratuité. Cette hypothèse semble d'autant moins probable que Facebook a fondé une bonne part de son plan d'affaire sur la diffusion d'annonces ciblées. Il n'y a que mon voisin pédophile qui soit assez naïf pour s'étonner qu'on lui propose systématiquement des voyages en Thaïlande. Rendre l'accès payant serait la meilleure solution pour diminuer l'audience du site et d'engendrer des pertes publicitaires probablement supérieures aux éventuelles cotisations.
Cette nouvelle intox, à ranger dans le même sac que les rumeurs circulant sur le net selon lesquelles des criminels glissent des seringues contaminées au VIH dans la poche des spectateurs de cinéma ou que l'on peut trouver le bonheur en rencontrant Dieu, présente toutefois un avantage. Elle m'a en effet permis de découvrir de puissantes analyses de la situation dans les groupes Facebook que j'ai consultés sur le sujet, telles que :
C'est officiel que je ne payerai pas pour cela je quitte ce site si il y a de l argent a debourser...pourquoi payer pour retrouver de vieille connaissance ca na aucun bon sens c rendu qu on va devoir payer pour socialiser? Moi je dit non!
ou bien :
un outile populaire doit étre accessible et a la porté :ceci dit le F.B DOIT doit rester gratuit
ou encore :
Si facebook devient payant...les violes seront nombreux..des violes de colère
Et dire que certaines personnes pensent que le militantisme est mort...
Poster un nouveau commentaire