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Ce matin, une assemblée exceptionnelle de dirigeants des principaux pays musulmans a conclu un accord interdisant la construction de nouvelles banques ou de tout autre établissement financier sur leur territoire. Selon une déclaration commune, ces structures défendent en effet des "principes tels que la cupidité, l'égoïsme ou l'usure qui s'avèrent en totale contradiction avec l'héritage musulman de notre pays, et d'ailleurs avec la plupart des religions". Selon ce communiqué signé aussi bien par les chefs de républiques islamiques que par les dirigeants de pays laïcs ayant l'Islam comme religion principale, cette décision ne serait nullement une intrusion de la religion dans la politique, mais viserait à "ne pas nier notre héritage musulman qui fait partie intégrante de notre culture".
Cette nouvelle a littéralement bouleversé les marchés financiers et pourrait avoir des répercussions énormes sur l'économie mondiale. Dans un entretien accordé à divers médias tels que Les Échos, The Wall Street Journal et Picsou Magazine, le Directeur général du Fond monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, était visiblement ébranlé, et pas seulement par sa stagiaire. Sonné par la décision des pays concernés dont il stigmatise la méchanceté, il regrette que le débat se soit rapidement focalisé sur quelques dommages collatéraux du capitalisme tels que les inégalités sociales et la destruction de l'environnement, ou sur quelques scandales très localisés tels que les parachutes dorés ou les falsifications de rapports financiers, alors que la majorité des patrons et des spéculateurs ne demandent qu'à pratiquer paisiblement leur foi en l'économie et faire une petite partie de golf de temps en temps.
Du côté des pays musulmans, on se veut rassurant. Selon leurs représentants, il ne s'agit aucunement d'une attaque envers le capitalisme ou le monde des finances puisque la construction de banques musulmanes locales sera toujours autorisée. Les banques étrangères déjà en place seront également préservées, mais les cadres occidentaux devront passer un examen pour prouver qu'ils respectent l'identité nationale du pays où ils se trouvent et faire renouveler leur autorisation de séjour tous les six mois. Les personnes ne respectant pas ces règles seront renvoyées dans leur pays dans des charter.
Au moins, il circuleront à plein dans les deux sens.
Photo : Åndrey
Le 23 octobre dernier s'ouvrait au Centre Eaton de Montréal l'exposition "Bodies" qui met en scène d'authentiques cadavres afin d'expliquer au public les mystères du corps humain.
Les habitués de la galerie commerciale sont ravis de pouvoir contempler quelques écorchés entre l'achat d'un string à La vie en Rose et l'ingestion d'un chich taouk à la foire alimentaire. Quelques voix s'élèvent néanmoins pour que l'on rende illégal tout évènement de ce type au nom du respect de la dignité humaine.
Je comprends que des personnes sensibles refusent de se rendre à une telle exposition par crainte d'être victimes de sueurs froides ou de nausées. J'évite les concerts de Coeur De Pirate pour les mêmes raisons. La plupart des arguments avancés pour bannir "Bodies" ou l'exposition similaire "Le monde du corps 2" qui s'est déroulée en 2007 au centre des sciences me laissent cependant sceptique.
Exhiber des cadavres au grand public serait par exemple une atteinte à la décence et au respect humain. Cela serait sans doute vrai si les expositions utilisaient les corps comme cible dans un stand de tir, mais les mises en scènes sont généralement beaucoup plus sobres. Si on appliquait à la lettre ce principe, il nous faudrait d'ailleurs retirer les momies des musées et censurer la moitié du journal de TVA.
D'autres opposants expliquent que nous serions sûrement choqués de découvrir notre propre grand-mère à ce genre de manifestation. Franchement, depuis que j'ai dû aller chercher la mienne au 281, je ne pense pas qu'il y ait un endroit où je m'étonnerais de la voir.
Des adversaires de l'exposition s'inquiètent également que certaines personnes visitent "Bodies" dans le seul but d'assouvir un voyeurisme malsain. Avec une telle logique, il faudrait d'urgence interdire les publicités pour les couches pour bébés qui risquent d'exciter les pédophiles, l'émission "Le mur", propre à stimuler les sadiques, et les discours de Sylvie Roy susceptibles d'allumer les fétichistes des vestes quétaines.
Il faut cependant admettre qu'il existe une grande différence entre "Le monde du corps 2" et "Bodies". Les organisateurs de la première avaient en effet réclamé aux participants la permission d'exposer leur corps avant leur mort. Les créateur de "Bodies" semblent ne l'avoir demandée qu'après et interpréter l'absence de réponse comme un consentement. Pire, certains corps pourraient appartenir à des détenus chinois.
On comprend mieux pourquoi des associations de défense des droits de l'Homme ont demandé aux responsables de l'exposition qu'ils affichent un panneau à l'entrée avertissant qu'ils ne peuvent garantir que les corps ne proviennent pas de personnes exécutées. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas généraliser cette pratique à tous les produits venant de Chine ? "Nous ne pouvons garantir que les personnes qui ont assemblé ce cellulaire travaillent moins de 70 heures par semaine", "Nous ne pouvons garantir que les employés qui ont tissé ce vêtement ont droit à un jour de congé hebdomadaire".
Ça ne serait pas beaucoup plus utile, mais au moins, on s'intéresserait aux Chinois vivants.
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