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Voici le texte que j'ai lu pour ma troisième participation au cabaret des auteurs du dimanche le 23 mai dernier. Vous pouvez exceptionnellement profiter de ma voix tremblante grace à un enregistrement de mon ami Michael.
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Je ne pense pas être quelqu'un de spécialement intolérant. J'ai juste beaucoup de misère à supporter que des personnes affichent avec ostentation des valeurs différentes des miennes. Par exemple, comment accepter qu'en 2010, dans une démocratie occidentale, des milliers de femmes s'accrochent à une tradition désuète en cachant presque totalement leur visage derrière des lunettes de mouche ?
J'admets que voter une loi pour interdire ce genre d'accessoire dans les lieux publics serait un peu extrémiste, et même injuste si elle ne s'appliquait pas également aux piercing dans le nez et à la coupe Longueuil. Il me semble en revanche que les pouvoirs publics devraient se pencher sur le fait que de plus en plus de personnes résument leur vie à deux objectifs : se distinguer de la masse et monopoliser l'attention de leurs contemporains. Les médias ont une grande responsabilité dans cette préoccupation double. Entre les publicités qui nous expliquent comment être unique en achetant la même voiture que 40 000 autres caves et les émissions de télé-réalité qui nous montrent qu'on peut devenir célèbre en chantant faux, les incitations à se démarquer sont nombreuses.
Seulement voilà, pour les nombreux malheureux qui n'ont ni le talent, ni un visage télégénique, ni les tripes de dessouder une octogénaire, les occasions de s'affirmer sont plus restreintes. Alors ils utilisent les stratagèmes qu'ils ont à leur disposition : ils se mettent à jouer au golf, ils deviennent bouddhistes ou ils ouvrent un compte Twitter. Les plus chanceux finissent chroniqueurs au Journal de Montréal.
Il y a des gens qui tentent d'épater le monde avec des choses vraiment bizarres. Juste après les attentats du 11 septembre, j'ai commencé à sortir avec une fille qui voulait me convaincre qu'elle avait échappé à la mort juste parce qu'elle avait pris l'avion ce jour là. Il ne se passait pas un jour sans qu'elle me répète "t'imagines que si j'avais pris American Airlines au lieu de Air Canada, si j'étais partie de Boston au lieu de Montréal, et j'étais allée à Los Angeles au lieu de Paris, j'aurais pu y passer !" Il y a un mois, je me suis tanné. Je lui ai répondu "T'imagines que si t'étais actrice au lieu de vendeuse, célèbre au lieu d'inconnue, et belle au lieu de laide, je coucherais avec Scarlett Johansson ?". C'est sorti vraiment tout seul, j'avoue que c'est pas mon meilleur souvenir de rupture.
Tant qu'on parle de vedette, je ne supporte pas les gens qui tentent de frimer en glissant dans la conversation qu'elles fréquentent des célébrités. J'en parlais encore hier avec Céline et René. Certaines personnes ont l'impression qu'en côtoyant des stars, elles deviennent un peu des stars elles-mêmes. C'est comme si je pensais être capable de changer un joint parce que j'ai pris une bière avec mon plombier. J'ai un collègue insupportable qui passait son temps à me répéter qu'il connaissait très bien un acteur de la TV. Heureusement, depuis un an, il en parle beaucoup moins, de Jean-François Harrisson.
Même quand il s'agit de leur propre décès, certaines personnes ne peuvent s'empêcher de faire dans le tape à l'oeil. Sur Internet, j'ai appris qu'un homme vivait une histoire tellement passionnelle avec sa Ferrari qu'il a demandé à ce qu'on lui sculpte la même en marbre pour décorer sa tombe. Malheureusement, après sa mort, il avait tellement dépensé d'argent dans sa voiture qu'il n'en restait plus assez pour la sculpture. C'est quand même poche de passer la fin de sa vie au volant d'une Ferrari et l'éternité en dessous d'une Smart en plâtre.
Les gens qui cherchent trop à attirer l'attention m'ont toujours profondément agacé. Pendant un moment, j'ai même envisagé de créer l'Association de lutte acharnée contre l'ostentation nuisible, mais j'ai dû abandonner l'idée. D'abord, parce que si on prenait les initiales, ça donnait "ALACON". Ensuite parce que j'ai réalisé que pour être conforme à ses principes de discrétion, cette structure devrait avoir un discours le plus anodin possible, reposer sur des militants ordinaires, avoir un chef banal et sans charisme. J'ai eu trop peur que le Parti Libéral du Canada me poursuive pour plagiat.
D'ailleurs, je ne suis pas sûr qu'un tel combat ait une chance d'aboutir. Il existe tellement de méthodes pathétiques pour attirer l'attention sur sa petite personne. Fumer des gros cigares pour montrer au monde qu'on est riche, proposer le mot "Ostentatoire" aux Auteurs du dimanche pour montrer qu'on a du vocabulaire, écrire un texte sur ce même mot pour montrer qu'on est capable de relever le défi. Je conclurai donc mon discours par cet aphorisme attribué au roi Salomon : "Vanité des vanités, tout est vanité... mais as-tu vu mon nouvel iPhone ?"
Voici le second texte que j'ai lu il y a quelques jours pour le Cabaret des auteurs du dimanche. Je serai présent à la prochaine édition pour présenter un texte sur le thème "Ostentatoire" le 23 mai.
Un vent glacial se faufilait entre les branches de la pourvoirie du castor farouche. Cela faisait plus d'une demi-heure que j'errais dans le bois à la recherche d'un lièvre que j'avais blessé. Je commençais sérieusement à perdre patience. En dépit des traces de sang toutes fraîches et de mes talents de pistage, je ne parvenais pas à retrouver l'animal, comme s'il s'était totalement volatilisé.
J'allais abandonner lorsqu'un buisson se mit à bouger à quelques mètres de moi. Je me mis instantanément à l'affût, prêt à donner le coup de grâce. En voyant la tête d'André sortir des branchages, je m'aperçus toutefois de ma méprise, juste à temps pour éviter un fâcheux accident.
- Tiens ? Salut !
- Salut !
Je connaissais André pour l'avoir croisé deux ou trois fois dans la forêt. Bien que nous partagions la même passion pour la chasse, j'avais tendance à l'éviter en raison de nos conceptions divergentes de la cynégétique. Alors que celui-ci avait pour habitude de traquer le gibier en compagnie d'une dizaine d'amis ou de membres de sa famille, j'étais plutôt du genre solitaire, préférant compter sur mes talents que sur le nombre pour arriver à mes fins. Malgré ce désaccord et mon manque de sociabilité, j'essayai d'entamer la conversation.
- Comment ça se fait que tu sois pas avec tes chums ? Tu changes de technique ?
- C'est une longue histoire grogna André, visiblement agacé.
Le silence de gène qui s'ensuivit fut interrompu par la voix d'un promeneur que nous ne connaissions que trop bien.
- Salut les gars ! Alors on a déjà commencé le carnage ?
- Oh non ! Pas le végétarien ! soupirai-je à l'unisson avec André.
L'intrus nous rejoignit de sa démarche pataude avant de poursuivre ses sarcasmes :
- Ça va ? C'est pas trop fatigant d'affronter des adversaires dix fois plus faibles que vous ?
La perte de mon lièvre m'avait mis de trop mauvaise humeur pour que je reste patient. J'explosai :
- Écoute, Roger. Je le connais par coeur, ton petit discours sur la défense des animaux. À t'entendre, on devrait bouffer que des noix, des fruits ou des écorces d'arbres. Mais c'est facile pour toi : t'es un porc-épic ! André et moi, on a pas les même besoins !
Roger ne se laissa pas démonter par mon argumentation :
- Et toi, l'ours, t'es pas censé être omnivore ? Franchement, tu me feras pas croire que quand t'attrapes un saumon ou un lapin, c'est autre chose que de la gourmandise ! C'est pas comme si t'étais un loup.
- Ah non ! Laissez-moi en dehors de vos chicanes, s'il vous plaît répliqua André en montrant les crocs.
Soucieux de ne pas laisser le dernier mot à un maudit rongeur, je repris le fil de mon discours.
- D'abord, je ne m'en prends pas qu'à des petits animaux. J'ai déjà attaqué un orignal.
- Ta mauvaise foi me hérisse rétorqua Roger.
- Et ma patte dans ta gueule ?
- Ben vas-y ! Ça t'irait tellement bien un piercing !
Un long gémissement plaintif interrompit notre dialogue. Nos yeux se braquèrent simultanément dans la même direction.
- Euh... Ça va André ? demandai-je.
- Pas vraiment, non. Je viens de me faire exclure de ma meute.
- Hein ? Mais pourquoi ?
- Ils se sont tannés que je sois aussi nul à la chasse. Tout ça c'est à cause de mon mauvais odorat.
- Ton mauvais odorat ? Mais depuis quand ?
- Depuis toujours. Déjà quand j'étais louveteau, j'ai tenté de téter un raton laveur que j'avais pris pour ma mère.
Roger fut soudain pris d'une crise de fou-rire que je trouvais très déplacée vu la situation. Je m'apprêtais à intervenir mais André m'en dissuada.
- Laisse-le, il a raison. Je me sens tellement ridicule ! La seule chose que j'aie réussi à attraper depuis hier, c'est un lièvre qui avait déjà été blessé par un ours.
- Tabarnak !
- Quoi ?
- C'est toi qui a bouffé mon lièvre ? demandais-je incrédule.
- Ah ? C'était le tiens, je suis désolé, il y avait pas ton nom écrit dessus.
J'étais à deux griffes de m'énerver mais les yeux de chien battu d'André me firent perdre mes moyens. Il n'y a rien de plus désarmant qu'un loup en dépression. J'attendis que Roger se calme un peu et tentai de changer de sujet de conversation.
- À propos, Roger, hier, j'ai croisé ton amie Josiane, la marmotte.
- Ah bon ? Elle allait bien ?
- Pas vraiment, apparemment, c'était pas son jour.
- Tu l'as pas bouffée au moins ?
- Quand même pas, je ne m'attaque pas à des proies aussi faciles !
Je compris immédiatement que j'avais gaffé lorsqu'André poussa à nouveau un gémissement déchirant. Ça devenait si pathétique que je tentai de lui remonter le moral.
- Écoute, mon chum, faut pas rester comme ça. Montre-moi que t'es un loup.
- Ouhhhhhh ! sanglota-t-il.
- Bon dieu, André, secoue-toi ! On est des tueurs ! Tout le bois nous craint ! Les autres animaux arrêtent de respirer quand ils nous entendent. On est les empereurs de la forêt, ostie !
André releva la tête. Malgré son air triste, il semblait reprendre un peu de poil de la bête.
- Les empereurs de la forêt, tu penses ?
- Mais oui ! Les rois de la jungle, même !
- De la quoi ?
- Laisse tomber. Allez, montre-moi que tu as des tripes. Fais-moi un beau cri de prédateur.
André s'assit et poussa un long hurlement lugubre propre à glacer d'effroi le moindre mammifère. Comme pour lui répondre, les premiers rayons du soleil s'immiscèrent entre les arbres.
- Ça va mieux ? Demandai-je.
- Oui, répondit André.
Un bruit de détonation nous fit tout à coup sursauter.
- C'est quoi, ça ?
- Des humains, je pense.
- Tassons-nous !
Nous nous enfuîmes précipitamment chacun de notre côté, laissant seul Roger qui ne semblait pas paniquer le moins du monde. Alors que je courrais pour rejoindre ma tanière, je l'entendis qui criait au loin :
- Ah, ils sont beaux, les empereurs de la forêt !
Vous trouverez ci-dessous la nouvelle que j'ai écrite sur le thème "Neuf" pour ma première participation au Cabaret des auteurs du dimanche. J'ai trouvé cette expérience très stimulante. L'accueil du public, des autres auteurs et des organisatrices a été tellement chaleureux que j'ai presque pardonné à ces dernières la perversion de faire passer les nouveaux en premier. C'est donc avec enthousiasme que je participerai à la prochaine édition qui se déroulera le 9 mai à 20h au Verre Bouteille sur le thème "Cynégétique" (moi non plus, je ne savais pas que ce mot existait).
Je ne sais pas si vous serez d'accord avec moi, mais j'ai l'impression que pour l'esprit humain, ce qui est neuf est presque toujours perçu comme quelque chose de positif : un condo neuf, un char neuf, un soixante-neuf, etc. Bien sûr, il y a des exceptions comme le budget tout neuf du gouvernement Charest, mais elles restent quand même assez rares.
Il y a quelques temps, j'ai pourtant eu la preuve irréfutable que ce qui est neuf pouvait être vraiment nuisible. Tout a commencé par un rendez-vous dans un bar du Plateau Mont Royal avec mon cheum Herbert que je connais depuis le secondaire. Ça faisait plusieurs mois qu'on ne s'était pas vus. J'avais au minimum un quart d'heure de retard, mais je ne me pressais pas vraiment. Fan de comics américains depuis sa naissance, Herbert refusait de se séparer de sa vieille montre Batman qui retardait régulièrement. Il arrivait donc aux rendez-vous en moyenne trente minutes après l'heure prévue.
Quand je suis entré dans le bar, j'ai vécu deux chocs successifs. Le premier était de voir Herbert déjà installé à une table près de l'entrée, qui entamait sa deuxième pinte, ce qui, connaissant son débit, correspondait à une attente d'environ un quart d'heure. Le second choc était qu'il arborait au poignet une magnifique montre suisse dont la précision est légendaire.
J'ai commandé la même bière que Herbert et j'ai désigné son poignet :
- Qu'est-ce qui est arrivé à ton ancienne montre ? Elle est partie rejoindre Robin ?
- Très drôle, m'a-t-il répondu. C'est ma nouvelle blonde qui m'a offert celle-ci.
- Ta nouvelle blonde ?
- Oui. Elle s'appelle Lucrèce, ça fait un mois qu'on est ensemble.
- Waow ! Il faudrait vraiment que tu me la présentes ! lui ai-je répondu, brûlant de savoir à quoi ressemblait cette fille qui avait réussi à briser 15 ans d'obstination en si peu de temps.
Nous avons passé une bonne partie de la soirée a parler de sa nouvelle relation. Il m'a expliqué que depuis qu'il était avec Lucrèce, il s'était complètement transformé. Elle avait fait littéralement de lui un homme neuf. En l'écoutant parler, je me rendais compte qu'il avait effectivement beaucoup changé depuis la dernière fois que je l'avais vu. Il s'exprimait avec un nouveau ton, bien plus assuré, avait une foule de nouveaux projets, et une nouvelle énergie qui lui permettrait sans doute de les réaliser. Nous nous sommes quittés l'esprit embrumé par de nouveaux cocktails qu'il avait voulu essayer à tout prix, nous promettant de nous voir plus souvent.
Les semaines suivantes se sont déroulées sous le signe de la nouveauté. Herbert a adopté une nouvelle apparence, troquant ses jeans et ses vieux chandails contre des complets élégants, demandant même au coiffeur de lui faire une coupe de cheveux à la mode. À chaque fois que l'on se voyait, il me parlait avec enthousiasme du nouvel appartement dans lequel il comptait emménager avec sa blonde, de ses nouveaux amis qu'elle lui avait présentés et des vacances qu'ils allaient bientôt prendre ensemble, à Terre-Neuve. Dans ses moments les plus optimistes, il s'imaginait même se promener avec elle en poussant un carrosse occupé par un bébé tout neuf.
Au départ, j'étais vraiment content pour Herbert, mais les nouveaux détails qui apparaissaient chaque jour me mettaient de plus en plus mal à l'aise. Par exemple, Lucrèce trouvait à chaque fois un nouveau prétexte pour ne pas me rencontrer. Plusieurs mois après avoir entendu parler d'elle, je n'avais toujours pas vu la nouvelle conquête de mon ami. Malgré l'achat de nouvelles lunettes, ce dernier avait par ailleurs une vision du monde de plus en plus étriquée. Son nouveau but dans la vie était d'accumuler de nouveaux revenus et d'acquérir de nouvelles responsabilités. Pire, la nouvelle hygiène de vie qu'il s'imposait lui interdisait l'alcool. Les rares fois où l'on se voyait désormais, c'était pour boire des cappuccinos dans un nouveau café qui venait d'ouvrir juste en bas de chez lui.
Le plus dur à supporter était toutefois ses nouveaux sujets de conversation. Alors que nous avions l'habitude de nous remémorer nos vieilles beuveries avec une nostalgie d'anciens combattants, Herbert était devenu intarissable sur des sujets aussi peu passionnants que les vertus du néo-libéralisme ou la nouvelle stratégie du parti conservateur. C'est au cours d'un de ses monologues que j'ai fini par lâcher ce que j'avais sur le coeur :
- Tu sais Herbert, je crois que tu avais raison quand tu disais que Lucrèce avait fait de toi un homme neuf. En fait, tu es tellement neuf que je ne te reconnais plus l'ami que j'avais.
Visiblement très vexé, il s'est levé de la table sans dire un mot. Il est allé payer nos cappuccinos au comptoir en ouvrant ostensiblement son nouveau portefeuille, puis il est sorti sans se retourner.
Après plusieurs jours sans que ni l'un ni l'autre ne donne de nouvelles, je me suis décidé à faire le premier pas. Au téléphone, j'ai failli ne pas le reconnaître à cause de sa nouvelle voix. Par souci du compromis, je lui ai proposé qu'on se retrouve à 19h dans un bar qui servait des cocktails avec et sans alcool. Il a laissé un court silence, comme s'il hésitait à me dire quelque chose, puis a finalement accepté de venir.
Après avoir patienté dans le bar pendant trois quarts d'heure, j'ai compris que Herbert ne viendrait pas. J'ai marché jusqu'au métro en ruminant les derniers évènements dans ma tête. J'en suis arrivé à la conclusion que la blonde d'Herbert venait certainement de lui offrir un nouveau cellulaire. Le genre d'appareil ultra-moderne avec lequel on ne peut pas téléphoner à ses vieux amis ni recevoir leurs appels. Sur le quai de la ligne orange, il y avait une nouvelle affiche publicitaire : "Place aux idées neuves !". J'ai sorti un vieux briquet de ma poche et j'y ai mis le feu.
Après avoir patienté dans le bar pendant trois quarts d'heure, j'ai compris que Herbert ne viendrait pas. Au moment où j'allais partir, je l'ai vu entrer calmement dans l'établissement, comme si de rien n'était. La montre Batman qu'il portait au poignet indiquait 19h pile. Il a vu ma pinte de bière, a commandé la même chose et s'est assis à ma table. Il portait de vieux jeans, un vieux chandail, ses vieilles lunettes, et il ne s'était pas peigné. Ne sachant pas trop quoi dire, j'ai demandé :
- Rien de neuf aujourd'hui ?
- Si, a-t-il répondu avec un sourire. J'ai une nouvelle blonde.
Voici les trois textes que j'ai écrits pour "Le dernier mot", concours d'écriture diffusé pendant trois semaines sur la première chaîne de Radio Canada, et que j'ai eu le plaisir de gagner le 21 février dernier. Merci à toute l'équipe de l'émission "Vous m'en lirez tant" de m'avoir donné cette tribune inespérée, et bravo aux autres participants dont j'ai apprécié les univers : Benoît Plante, Dominique Martel, Patricia Bergeron et Philippe Bouchard.
Bienvenue sur diablog.com, le blog officiel du Diable. L'orgueil n'étant pas le moindre de mes pêchés, j'assumerai que tout le monde me connaît et qu'il est inutile que je me présente.
J'ai créé ce blog à l'attention des mauvaises âmes qui voudraient m'aider à préparer la fin du monde que j'ai planifiée pour 2012. Pour le moment, j'avoue que je tire le Moi par la queue. Les nombreuses guerres et épidémies que j'ai déclenchées n'ont pu freiner la croissance démographique. Pire, les humains qui se réclament de ma filiation se limitent à sacrifier des chèvres et à écouter du Marilyn Manson, ce qui ne m'est d'aucune utilité.
C'est pourquoi j'ai décidé de poster régulièrement des billets pédagogiques qui intéresseront quiconque souhaite apporter sa contribution à ce grand événement. Je vous montrerai comment chacun peut agir à son échelle, que ce soit en écoutant de la musique techno à 4h du matin pour rendre son voisin fou ou en refusant de signer des accords sur la protection de l'environnement. Vous réaliserez que se vouer à l'Apocalypse est une activité instructive et ludique, tout à fait compatible avec une vie sociale épanouie.
À très bientôt...
Satan2012
Julie, Ben et André sont étudiants en cinéma à l'UQAM et passionnés d'exploration urbaine. Plusieurs nuits par mois, ils visitent clandestinement des usines abandonnées, grimpent sur le toit d'édifices publics ou se faufilent dans les égouts de Montréal pour prendre des photos qu'ils postent sur Internet. Ayant besoin de financement pour un film qu'ils souhaitent tourner sur leurs excursions, les trois amis se résignent à organiser discrètement des visites guidées de ces lieux insolites. Le succès est immédiat malgré l'illégalité de l'activité.
Un jour, une star de la télé-réalité nommée Supermike fait appel à leurs services. Le trio l'emmène visiter une brasserie abandonnée, mais la personnalité autoritaire et imprévisible de leur client les rend nerveux. Cette nervosité se transforme en panique lorsqu'il disparaît soudainement au détour d'un couloir.
Ne souhaitant pas alerter les autorités, Julie, Ben et André décident d'effectuer leurs propres recherches qui les mènent dans les lieux abandonnés les plus étranges du Québec. Ils découvrent alors que ces derniers sont fréquentés par un groupe d'individus aux motifs bien plus sombres que le tourisme ou la photographie. Parallèlement, la police qui a commencé à enquêter sur la disparition de Supermike dirige progressivement ses soupçons vers les trois amis.
(Manche 3 : texte rap ou slam)
On était bien partis
Mais on manquait d'atomes crochus
Elle trippait sur Ice-T
Moi j'admirais surtout son énergie
Elle aimait le slam
Mais c'la m'était indifférent
Elle voulait du rap
Mais j'rapais que les féculents
Elle m'a laissé y a un mois pour un émule d'Eminem
Avec le fond du pantalon à trois pied d'la bedaine
J'me suis trompé trop longtemps
Fallait pour garder sa flamme
Ne plus faire l'éléphant
Chanter du hip-hop aux dames
Mais J'suis pas un gars du ghetto
J'habite sur le Plateau
Le seul risque que j'prends en sortant
C'est d'm'enfarger dans un vélo.
Heenok is Heenok
And I am what I am
Même en anglais, c'est pas sûr qu'on m'acclame
Que j'sois en loques ou loquace
Mes traces s'effacent de son espace
Et sous ma carapace les siennes sont si vivaces
Mais j'ai pas assez d'audace
Et je sens bien qu'elle s'lasse
J'préfère rester de glace
Il faudra bien qu'ça passe
Ce site peut être considéré comme la suite du blog mauditfrancais.com que j'ai tenu entre 2000 et 2008. J'ai créé ce nouvel espace afin de m'autoriser à parler d'autres sujets que mon immigration au Québec sans culpabiliser de faire de hors-sujet. Je ne m'interdirai toutefois pas d'aborder ce thème puisque j'ai encore de nombreux billets qui y sont liés dans ma besace.
À l'attention des lecteurs qui auraient la flemme de lire les trois-cents billets que j'ai écris sur mon ancien site (ce qui témoigne d'un criant manque de goût), je peux me présenter en quelques mots.
Je m'appelle Ian et je suis entré dans ma quatrième décennie il y a déjà quelques années. Je suis né et j'ai grandi dans le pays qui fut successivement baptisé "Giscardie", "Mitterrandie", "Chiraquie" et "Sarkozie" par les adversaires du pouvoir politique en place.
Un peu plus de six mois avant l'avènement de la Sarkozie, je me suis installé en Harperie-Charestie en tant que résident permanent avec ma douce compagne et un chat remettant en cause à lui seul le mythe de l'agilité féline. Après avoir travaillé pendant un an en tant que développeur Internet pour une grosse agence de voyage canadienne qui fait payer les écouteurs dans ses avions, je me suis intégré dans un réseau de geeks chevelus mal rasés spécialisé dans le développement de sites web communautaires. J'y sévis comme programmeur à temps partiel depuis plus d'un an.
Je m'intéresse à de nombreux domaines tels que la critique des médias, Internet, la dialectique et la torture des enfants en bas âge qui ne peuvent pas se défendre. J'espère avoir assez de temps et de motivation pour vous parler le plus souvent possible des ces passionnants sujets.
À très bientôt !
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